Frais réels 2026 : calcul, barème kilométrique et déduction sur la déclaration des revenus 2025

Vous avez engagé des dépenses professionnelles importantes en 2025 ? La déduction des frais réels peut vous faire économiser plusieurs centaines d’euros sur votre impôt. La campagne 2026 est en cours et ferme entre le 21 mai et le 4 juin selon votre département : il vous reste donc quelques jours pour arbitrer entre la déduction forfaitaire de 10 % et l’option pour les frais réels. Je vous explique comment calculer précisément vos frais de repas et kilométriques pour 2026, avec tous les barèmes officiels mis à jour par la DGFiP dans la Brochure pratique 2026.

L’essentiel à retenir pour 2026

  • Valeur fiscale d’un repas à domicile : 5,45 € pour les revenus 2025 (vs 5,35 € l’an passé).
  • Plafond du repas admis : 21,10 €, soit une déduction maximale de 15,65 € par repas.
  • Barème kilométrique 2026 : identique à 2025, reconduit pour la quatrième année consécutive.
  • Majoration véhicules 100 % électriques : +20 % sur le montant calculé.
  • Plafond de la déduction forfaitaire de 10 % : 14 171 € pour les revenus 2025.
  • Date limite de déclaration en ligne : 21 mai (zone 1), 28 mai (zone 2) ou 4 juin 2026 (zone 3).

Comprendre l’option pour les frais réels

Quand vous êtes salarié, l’administration fiscale vous offre deux possibilités pour déduire vos frais professionnels :

  • La déduction forfaitaire de 10 %, appliquée automatiquement sur vos revenus d’activité, plafonnée à 14 171 € pour les revenus 2025.
  • La déduction des frais réels, qui prend en compte le montant exact de vos dépenses professionnelles, sur justificatifs.

L’option pour les frais réels n’a d’intérêt que si vos dépenses professionnelles dépassent 10 % de la somme de vos revenus d’activité et des remboursements pour frais d’emploi versés par votre employeur. C’est généralement le cas pour les salariés effectuant de longs trajets domicile-travail ou déjeunant régulièrement au restaurant.

Un choix individuel et annuel

Le choix entre les deux options est strictement personnel : il n’est ni conjugalisé, ni familialisé. Chaque membre du foyer fiscal peut donc opter pour la méthode la plus avantageuse selon sa situation. Dans un couple, monsieur peut opter pour les frais réels, madame pour la déduction de 10 %, et leur enfant majeur faire son propre choix.

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L’option s’effectue dans la déclaration des revenus 2025 uniquement, via les cases 1AK, 1BK, 1CK, 1DK et 1EK. Ce choix n’est jamais définitif : les compteurs sont remis à zéro chaque année, et la déduction forfaitaire de 10 % redevient automatique par défaut.

Comparer les deux options : un exemple concret

Prenons le cas d’un célibataire sans enfant (1 part fiscale), percevant 45 000 € de salaires en 2025, avec 5 000 € de frais professionnels déductibles.

Option 1 : Déduction des frais réels

  • Salaire déclaré case 1AJ : 45 000 €
  • Frais réels déclarés case 1AK : 5 000 €
  • Revenu net imposable : 40 000 €
  • Impôt sur le revenu : environ 5 165 €
  • Revenu fiscal de référence (RFR) : 40 000 €
  • Taux du prélèvement à la source au 1er septembre 2026 : 11,5 %

Option 2 : Déduction forfaitaire de 10 %

  • Salaire déclaré case 1AJ : 45 000 €
  • Déduction forfaitaire automatique : 4 500 €
  • Revenu net imposable : 40 500 €
  • Impôt sur le revenu : environ 5 315 €
  • RFR : 40 500 €
  • Taux du PAS au 1er septembre 2026 : 11,7 %

Dans cet exemple, déclarer au réel représente une économie d’impôt directe de 150 €. Mais ce n’est pas le seul gain.

Les avantages indirects, souvent ignorés

Au-delà de l’économie d’impôt immédiate, l’option pour les frais réels présente deux atouts qui pèsent sur l’année entière :

  • Le revenu fiscal de référence est minoré, ce qui peut faciliter l’accès à certaines aides sociales conditionnées au RFR (bourses, complémentaire santé solidaire, exonérations locales…).
  • Le taux de prélèvement à la source diminue pour la période du 1er septembre 2026 au 31 août 2027, allégeant votre trésorerie mensuelle.

Mon conseil : avant de choisir, ne regardez pas que l’économie immédiate. Le double effet RFR + PAS justifie souvent l’option au réel, même pour quelques dizaines d’euros d’écart sur l’impôt.

Les frais de repas en 2026 : le principe

C’est le poste le plus courant et le plus souvent négligé. Le principe est simple : vous ne déduisez que le surcoût lié à la contrainte professionnelle, pas le coût total du repas.

Vous devez prouver deux choses : que vous êtes dans l’obligation de déjeuner hors domicile (temps de pause insuffisant, distance), et que vous supportez des frais supplémentaires par rapport à un repas pris chez vous. La formule est alors la suivante : montant déductible = prix payé − 5,45 € (valeur fiscale d’un repas à domicile pour les revenus 2025), dans la limite d’un repas plafonné à 21,10 €, soit une déduction maximale de 15,65 € par repas.

Exemple rapide pour un salarié déjeunant à 12 € au restaurant, 218 jours par an, sans titre-restaurant : 12 − 5,45 = 6,55 € déductibles par jour, soit 1 427,90 € sur l’année.

Les cas particuliers titres-restaurant, cantine d’entreprise, télétravail, gamelle apportée au bureau, déduction sans justificatif sont traités en détail, exemples chiffrés à l’appui, dans mon guide dédié : comment optimiser la déduction de vos frais de repas en 2026.

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Calculer ses frais kilométriques en 2026

Le barème kilométrique 2026 est identique à celui de 2025, et même à celui de 2023 : la DGFiP n’a pas procédé à de revalorisation pour la quatrième année consécutive, malgré l’inflation. Il résulte toujours de l’arrêté du 27 mars 2023, reconduit dans la Brochure pratique 2026.

Les règles de déductibilité

L’utilisation de votre véhicule personnel (voiture, moto, scooter) peut être déduite :

  • Pour le trajet domicile-travail : un seul aller-retour par jour, dans la limite de 40 km entre la maison et le lieu de travail (soit 80 km quotidiens maximum), sauf cas particuliers justifiés (absence de logement à proximité, contraintes familiales).
  • Pour l’usage professionnel du véhicule (déplacements clients, missions).

Le barème est plafonné à 7 chevaux fiscaux pour les voitures et à 5 CV pour les deux-roues : un véhicule de 20 CV sera traité comme un 7 CV. Les utilisateurs de gros véhicules sont donc mécaniquement pénalisés.

Ce que prend en compte le barème

Inclus dans le barème : dépréciation du véhicule, entretien et réparations, pneumatiques, carburant, primes d’assurance.

Non inclus, à déduire en plus sur justificatifs : frais de stationnement (parcmètres, parkings d’entreprise), frais de péage d’autoroute, intérêts d’un crédit auto.

La majoration de 20 % pour les véhicules électriques

Les véhicules 100 % électriques bénéficient d’une majoration de +20 % sur le montant calculé. Cette majoration est maintenue en 2026. Attention, elle ne s’applique pas aux hybrides rechargeables.

Exemples de calcul avec des véhicules courants

  • Renault Zoe R110 (2 CV) sur 3 000 km : 3 000 × 0,529 × 1,20 = 1 904 €.
  • Peugeot 208 1.6 BlueHDi 75 ch (3 CV) sur 6 000 km : (6 000 × 0,316) + 1 065 = 2 961 €.
  • Renault Clio 1.2 16v 75 ch (4 CV) sur 8 000 km : (8 000 × 0,340) + 1 330 = 4 050 €.
  • Voiture 5 CV essence sur 12 000 km : (12 000 × 0,357) + 1 395 = 5 679 €.
  • Peugeot 2008 1.6 BlueHDi 120 ch (6 CV) sur 4 500 km : 4 500 × 0,665 = 2 993 €.
  • Dacia Duster 1.2 TCe 125 ch (7 CV) sur 25 000 km : 25 000 × 0,470 = 11 750 €.

Un simulateur officiel est disponible sur Impots.gouv.fr, qui couvre toutes les motorisations (thermique, hybride, hydrogène, électrique) et tous les types de véhicules (auto, deux-roues, cyclomoteur). Mon conseil : utilisez-le systématiquement, il intègre la majoration électrique et les seuils automatiquement.

Les autres frais réels déductibles

Au-delà des repas et des kilomètres, de nombreuses dépenses sont déductibles si elles sont justifiées et engagées dans l’intérêt de votre activité professionnelle :

  • Frais de voyages et déplacements professionnels (transport, hébergement, repas en mission).
  • Vêtements spéciaux et leur entretien (uniforme, bleu de travail, blouse) en cas de travaux salissants.
  • Frais de déménagement liés à un changement d’emploi, sous conditions.
  • Documentation professionnelle : ouvrages, abonnements à des revues spécialisées.
  • Frais de double résidence lorsqu’ils sont imposés par votre emploi (et non par convenance personnelle).
  • Stage de formation professionnelle pour un salarié ou un demandeur d’emploi inscrit à France Travail.
  • Dépenses pour l’obtention d’un diplôme ou d’une qualification professionnelle (hors remboursements de prêt étudiant).
  • Cotisations syndicales et cotisations au comité d’entreprise (attention : dans ce cas, pas de réduction d’impôt de 66 % cumulable).
  • Locaux professionnels si l’employeur ne met aucun bureau à disposition : quote-part du loyer, chauffage, entretien.
  • Achat d’ordinateur : amortissement déductible sur trois ans en cas d’usage professionnel.
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Comment déclarer ses frais réels en 2026 sur Impots.gouv.fr

La procédure est entièrement dématérialisée et tient en quatre étapes.

Étape 1 : Activer l’option. Dans la rubrique « Traitements, salaires », cliquez sur le bouton « option frais réels » pour chaque déclarant concerné. Une fenêtre dédiée s’ouvre.

Étape 2 : Saisir les frais de déplacement. Indiquez si vous utilisez le barème kilométrique. Si oui, sélectionnez dans les menus déroulants le nombre de véhicules, le type (automobile, cyclomoteur, moto), le carburant (essence, diesel, électrique, hybride, GPL, hydrogène) et la puissance administrative.

Étape 3 : Renseigner le kilométrage. Saisissez le nombre de kilomètres parcourus en 2025. Le calcul s’effectue automatiquement. Ajoutez les frais de stationnement, péages et autres frais de déplacement, puis détaillez-les dans le champ prévu en bas de page.

Étape 4 : Valider. Cliquez sur « Valider » pour reporter automatiquement le total dans la case 1AK, 1BK, 1CK, 1DK ou 1EK selon le déclarant. Si plusieurs membres du foyer optent pour les frais réels, répétez l’opération pour chacun. Pour les frais de transports en commun seuls, inscrivez directement la somme dans la case dédiée.

Pensez aux justificatifs. L’administration peut vous demander de prouver la réalité de vos dépenses pendant trois ans. Conservez tickets de restaurant, relevés de péages, factures d’entretien, contrats d’assurance, attestations de l’employeur. Sans justificatif, votre déduction peut être remise en cause.

Questions fréquentes sur les frais réels 2026

Quel est le montant déductible pour un repas en 2026 ?

Pour les revenus 2025, la valeur d’un repas à domicile est fixée à 5,45 € et le plafond du repas admis à 21,10 €, soit une déduction maximale de 15,65 € par repas.

Le barème kilométrique a-t-il changé en 2026 ?

Non. Le barème kilométrique 2026 est identique à celui de 2025, reconduit par la DGFiP pour la quatrième année consécutive. Il résulte de l’arrêté du 27 mars 2023.

Quelle majoration pour les véhicules électriques ?

Les véhicules 100 % électriques bénéficient d’une majoration de +20 % sur le montant calculé par le barème. Les hybrides rechargeables ne sont pas concernés.

Faut-il joindre les justificatifs à la déclaration ?

Non. Vous n’envoyez aucune pièce avec votre déclaration en ligne, mais vous devez les conserver trois ans au minimum, durée pendant laquelle l’administration peut les réclamer.

Quand expire l’option pour les frais réels ?

L’option vaut pour une seule année. En 2027, sur les revenus 2026, la déduction forfaitaire de 10 % sera de nouveau appliquée par défaut. Il faudra refaire l’arbitrage chaque année.

Tableau récapitulatif : frais réels vs déduction 10 % en 2026

CritèreDéduction 10 %Frais réels
ApplicationAutomatiqueSur option
CalculForfaitaireMontant exact
JustificatifsAucunObligatoires (3 ans)
PersonnalisationNonOui, par personne
RenouvellementAutomatiqueChoix annuel
Plafond14 171 € (revenus 2025)Pas de plafond
IntérêtFrais < 10 % des revenusFrais > 10 % des revenus
Impact RFRNeutreDiminution possible
Impact PASStandardRéduction possible
ComplexitéSimpleCalculs et justificatifs

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L’option pour les frais réels peut générer une économie d’impôt substantielle si vous effectuez des trajets quotidiens importants ou si vous déjeunez régulièrement à l’extérieur. Mon conseil pour la campagne 2026 : prenez quelques minutes pour simuler les deux options sur Impots.gouv.fr avant la date limite de votre département. Avec 1 000 à 1 500 € de frais de repas et 3 000 à 5 000 € de frais kilométriques, vous dépassez facilement les 10 % de déduction forfaitaire sur un salaire moyen. Et n’oubliez pas le double bénéfice indirect : baisse du revenu fiscal de référence et baisse du taux de prélèvement à la source pour les douze mois suivants. Le jeu en vaut presque toujours la chandelle.

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